
Voilà un joli sigle, un effet de mode, qui revient tous les ans.
J’ai vu Xavier Bertrand, ministre du gouvernement invité d’un plateau TV vendredi je crois, il arborait le ruban rouge, c’est bien !
Mais j’ai quand même le sentiment qu’on se moque du monde face à ce réel problème de santé publique.
Je vais tenir ici quelques propos qui pourront paraître alarmant, mais qui sont la pure réalité. La prévention n’a pas pour objectif d’affoler mais de faire prendre conscience et d’informer.
Commençons par le début :
Lorsque la chaine 5 existait encore avec Jean –Claude BOURRET, journaliste, spécialiste des ovnis, entre autre, mais aussi passionné par la gendarmerie (ce qui fera plaisir à mon cousin)!
Le 27 novembre 2007, J.C. Bourret a été élevé au grade de Colonel (réserve citoyenne) par le Général d'armée Guy Parayre, Directeur de la Gendarmerie nationale (104 000 militaires) en présence du Major Général Gilles (source wikipédia). Dans les années 85, a présenté une émission sur cette chaine consacrée au VIH et les téléspectateurs avaient la possibilité de téléphoner pour poser des questions, j’ai tenté d’appeler, et j’ai posé la question suivante : « est-il possible d’attraper le VIH en pratiquant ou en se faisant pratiquer une fellation ? ». Mon interlocutrice m’a répondu « ici c’est une émission sérieuse Monsieur »
C’était juste pour situer la mentalité de l’époque !
Or je faisais parti des gens de 25 ans, qui avaient des aventures sexuelles dont la pratique de la fellation était une prédilection. Je m’interrogeais à juste titre.
Combien étions-nous à nous interroger quitte à en angoisser sur notre sérologie ?
Je me suis renseigné, j’ai lu, j’ai suivi l’évolution des découvertes et j’ai décidé d’obliger l’usage du préservatif dans cette pratique.
Le problème c’est que quelquefois on se relâche, comme quand on a trop bu ou qu’on craque un peu trop rapidement sur l’image de l’autre qu’on idéalise.
Même si sait fait qu’une seule fois cela suffit ! Et tout cela reste dans un coin de l’esprit… Jusqu’au jour où, la période n’est pas propice à voir les choses avec optimisme et où l’on craque un
peu. Alors on se lance à faire un test car on en peut plus de ne pas savoir !!!
Deux possibilités pour faire un test:
Je l’ai fait. Une amie infirmière m’a fait la prise de sang. Bizarrement j’étais serein, ensuite, je devais attendre 48h pour avoir le résultat, mais mon amie avait insisté auprès du labo et le lendemain elle m’a téléphoné en me disant qu’on allait chercher le résultat.
Angoisse ! J’y vais et la bizarrement j’ai eu l’impression quand je suis entré dans le laboratoire que je marchais à reculons, sensation surprenante, complètement psychologique !
Nous étions en 1991.
J’étais tellement libéré par le résultat négatif que j’ai été pris d’un petit malaise, la respiration qui s’accélère et devient incontrôlable comme si j’avais fait un 1000m.
Je me serais quand même mal vu attendre une semaine sous prétexte d’anonymat !
Persuadé d’avoir pris les bonnes résolutions j’exigeais donc la capote pour ce genre de préliminaire !
Au début ça allait, je ne prévenais pas, lorsque je pratiquais, je plaçais direct la capote (un vrai pro)
Quelques fois ca surprenait « ah bon une capote pour la pipe ? »
« Oui, nous ne nous connaissons pas » et une fois le plaisir passé et les sens calmés, on ne se pose aucune question !
L’alcool ! Terrible phénomène, je me suis pris des cuites mémorables, (et les kgs avec), mais j’ai aussi constaté la perte
de repères, la levée des inhibitions et bien évidemment le relâchement de la protection car « on s’en fou on est bien ». Le lendemain, on se réveille, « il s’est passé
quoi ? On a fait quoi ? » Et là mélange d’angoisse, de Guelle de bois, on sait aussi qu’on ne s’est pas protégé…
L’objectif premier est de récupérer pour paraître en forme et assumer auprès de sa famille ou de son boulot. Le reste comme tout à l’heure, on le place dans un coin de sa tête et on fait avec.
Et puis on se retrouve confronté à une nouvelle phase d’interrogations ingérable, qui ne peut se résoudre que par « savoir ». On refait donc un test et « oh miracle », une ordonnance un labo efficace (on peut téléphoner avant au labo pour connaître le délai du résultat) prise de sang le matin, résultat le soir… NEGATIF encore !! Oh moi qui ait eu des partenaires multiples, depuis 1974 environ, j’ai commencé jeune, je ne peux que confirmer une chose, l’unique protection pour se protéger de toutes les MST c’est la capote !! On n’en a pas? Donc on ne fait rien. Malgré toute la sincérité on ne connait pas l’autre, ni son parcours qui peut être risqué sans le savoir. Et puis une nuit à se faire des bisous et à se caresser, ça peut être aussi sensuel et épanouissant qu’une pénétration.
Il est juste difficile de discuter des siècles de domination par la pénétration. Un mec est persuadé qu’il n’a pas « conclu » tant qu’il n’a pas pénétré, que ce soit avec une femme ou un homme
d’ailleurs. Qui ne connaît pas cette expression : « alors il fait la femme ou l’homme ? » Les clichés tuent et tueront encore. Il y a un grand nombre d’adolescents qui se suicident parce qu’ils
ne peuvent pas assumer une différence. Mais que des mots, des termes leur bloquent cette possibilité à un moment où justement on se cherche et où on est fragile. Quand on entend à la maison «
tafiolle », « ce ne sont que des PD », voir dans certaines familles « faut les brûler », « c’est contraire à la nature » et plus simplement quand « PD » est une insulte depuis la cours de
l’école.
Comment voulez vous qu’un jeune conscient de son désir en « parle », « assume » sans se sentir coupable ?
Je suis très ennuyé que les choses n’évoluent pas dans les familles. «Le principal est que tu sois heureux » est la meilleure réponse quelque soit sous le choc qu’on puisse
avoir…
Parents, enfants, petits enfants, merde c’est la vie. On sait que rien ne se passe comme on le prévoit ! On ne prévient pas le chômage, de moins en moins la maladie, mais le VIH oui ! Par
la protection ! Mais on ne le dit pas assez !!!
|
Et là je vais surprendre :
|
|
Prenez ces contraintes comme un jeu sexuel !
Faire un test régulièrement comme je l’entends n’est en rien une protection. Une fois contaminé, c’est à vie avec les contraintes et effets secondaires du traitement (chiasses, prise de poids,
hépatites, développement de cancers et vieillissement pré maturé de type Alzheimer).
Je sais mes propos ne portent pas à sourire, mais ces contaminés ne se disent pas assez tôt que ensuite tout est fichu.
A la lecture de ces mots, certain(e)s vont se sentir mal et s’interroger en se reconnaissant sur des situations vécues : bourrés ou le (la) partenaire est tellement beau (belle qu’il (elle) ne
peut être que sain(e), n’oubliez jamais la seule et unique pub réelle : le SIDA est beau !
|
|
Pour terminer qui n’a pas vécu le réveil douloureux et un matin angoissé de se dire «Oh là là, mais qui c’est ça ? » et de s’interroger ensuite en en plaisantant avec les copains.
Voila mon témoignage était long. Il voulait en cette période de réflexion sur le VIH, s’attarder sur un vécu, le mien. J’aimerais tellement qu’on dépasse le stade, courageux pourtant, de 1985, où on bloquait mon appel sur la fellation, car en 2008, beaucoup de personnes sont encore persuadées que c’est anodin alors que la syphilis fait son retour.
Ce message était long mais je voulais dire que malgré quelques dérapages, et la multiplicité de partenaires, je me suis dans la majorité des cas protégé, que les quelques errements n’ont pas eu
de conséquences. Le seul moyen de le savoir est de faire un test de façon à aller de l’avant !
Sinon vous bloquerez dans le non dit alors que vous êtes certainement sains !
Je souhaiterais enfin que la prévention soit a la hauteur de l’enjeu, percutante, que les capotes soient en accès gratuit, à piocher comme des bonbons et non pas glacialement placé dans une cour de collège ou une rue. Les mômes vont jouer avec ? Et alors ? Justement, ils sont d’une génération ou la capote fait partie intégrale de leur découverte sexuelle autant qu’ils en jouent très tôt ! Ils maitriseront la matière !
Il existe une hypocrisie réelle sur la capote, la prévention, les campagnes, les messages flash ont un impact sur le comportement. Je le ressens, je me fais moins jeter quand j’exige la capote pour les préliminaires pendant ou après une campagne tv !
Je conclus en disant qu’après avoir vécu ces petites épreuves, je ne peux qu’être interrogatif quand un mec (ou une nana) propose un truc « sans capote ou no capote ». Il y a des séropos qui en veulent à tout le monde, ils sont persuadés qu’ils ont été contaminés sans être avisé du risque malgré la sérologie connue, uniquement par le partenaire. Je terminerais enfin par dire et je reconnais tortueux le message mais par vous encourager à utiliser vos propres préservatifs, validité en général de 5 ans. Si vous voyagez à l’étranger, emmener vos capotes la norme n’étant pas spécialement la même dans tous les pays!
Sortez couvert !
Je reste dispo pour toute question.
Ce message était long, avec l’autorisation de Johan, il y en aura d’autres, et je reste disponible, toujours avec son feu vert, pour répondre aux questions. Je rappelle que je ne suis mandaté par
aucune association et que mes propos m’engagent que moi. Les références à mon expérience qu’il conviendra de relativiser en fonction d’un comportement propre à chacun. Mon témoignage n’ayant pour
but que d’apporter une réflexion à l’adaptation de chacun à sa propre prévention en complément des organismes mandatés pour cela et dont l’intérêt reste indispensable.
Tout n’est pas aussi formaté, chacun son idéal dès lors où il est partagé. Ce n’est pas cela les affinités ?
Texte rédigé par Didier !!
| Août 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | ||||
|
||||||||||
Commentaires Récents